Résumés

Un monde d’émotions
LUNDI 13 MARS, 19h00

  

L’émotion est au cœur de l’interaction sociale : son expression et sa reconnaissance permettent l’ajustement entre les individus. Comment notre cerveau produit-il une expressions faciale, vocale, gestuelle et posturale faisant partie intégrante du processus émotionnel ? Quels sont les mécanismes cérébraux impliqués dans la reconnaissance de l’émotion dans les différentes modalités sensorielles ? Comment une expression faciale ou vocale émotionnelle peuvent-elles capturer notre attention ? Comment attribue-t-on une valeur à une expression ? Ces différentes questions seront discutées à la lumière des recherches récentes en psychologie et en neuroscience.
L’étude des émotions et de leurs fondements cérébraux a connu un intérêt croissant spectaculaire depuis deux décennies. Cet intérêt s’est concrétisé dans une série de questions de recherches telles que: Qu’est-ce qu’une émotion ? Comment est-elle déclenchée, exprimée et régulée ? Comment influence-t-elle notre mémoire, nos décisions et nos comportements ? Nous présenterons une synthèse qui résumera comment les sciences affectives tentent de répondre à ces questions en analysant les différentes composantes de l’émotion ainsi que la manière dont l'émotion interagît avec certains processus cognitifs tels que l’attention, la mémoire et la prise de décision.
Drôles d’émotions
MARDI 14 MARS, 19H00

  

Depuis longtemps, le rire et l’humour ont été discutés et analysés d’un point de vue philosophique, psychologique et théologique. Cependant, depuis quelques décennies seulement, les circuits neuronaux sous-jacents peuvent être décrits grâce aux nouvelles méthodes des neurosciences. Cette soirée abordera l’humour et du rire ainsi que leurs côtés positifs et négatifs. Il sera questions des multiples facettes de l’humour dans lesquelles l’incongruité et sa résolution ludique détiennent un rôle-pivot. Nous mettrons en évidence l’importance de l’humour dans un contexte social, ainsi que son rôle dans la gestion des difficultés de la vie. Les effets négatifs de sa forme agressive seront également discutés.
Dans cette intervention, nous aborderons les circuits neuronaux impliqués dans le rire et l'humour. Nous distinguerons ainsi les fonctions cérébrales liées au rire stimulé par l’incongruité de celles exprimant des formes pathologiques.
La contagion de la souffrance
MERCREDI 15 MARS, 19h00

  

Au cours de la dernière décennie, la recherche en neurosciences a fait des efforts considérables pour élucider les processus neuronaux qui sous-tendent la capacité de traiter les émotions des autres. Les recherches en neuro-imagerie ont mis en évidence un rôle majeur joué par les régions cérébrales recrutées à la fois lors de l’expérience de son propre état mental mais aussi dans la perception de l’état mental d’autrui. Ces structures représentent ainsi un marqueur neuronal possible de l'empathie. Des données récentes mettent en évidence un lien direct entre ces réactions neurales partagées et le comportement pro-social, comme la décision des soignants professionnels de fournir un analgésique aux patients. Cette présentation donnera un aperçu des résultats fondamentaux les plus pertinents en neurosciences et leurs applications potentielles réelles.
Cette intervention explore les différentes formes qui nous lient à la souffrance des autres. Trois aspects de la compassion seront discutés : la différence entre compassion et d'autres réponses émotionnelles à la souffrance, comment entraîner la compassion avec la méditation et comment l’entraînement de la compassion peut changer les fonctions cérébrales, les émotions et les comportements sociaux. De courts exercices seront proposés, pendant lesquels les auditeurs seront invités à explorer leurs propres ressentis de la compassion.
Désir et plaisir
JEUDI 16 MARS, 19h00

  

Le désir sexuel est une expérience humaine unique et absolue.  Il constitue un des principaux mécanismes de vie et joue un rôle phylogénétique crucial dans l’espèce humaine, notamment à travers l’évolution des relations interpersonnelles et intimes. Le désir contient un dynamisme et une énergie qui mettent le sujet désirant en mouvement vers l’extérieur de lui-même. Désir, amour, passion bouleversent la vie de l’homme et tout à la fois en font partie et la rendent plus intense. Pour comprendre l’extraordinaire complexité de la phénoménologie du désir, les neurosciences nous apportent des lumières, pour essayer de voir plus clair dans cet infini. La conférence abordera les mécanismes du désir sexuel, ses variations et ses troubles, qui jouent un rôle important dans la pratique clinique dans la psychologie clinique et toute la médecine. Les implications des troubles du désir sexuel sont importantes, dans les relations interpersonnelles, dans la vie de couple, dans la famille, avec des répercussions majeures en santé publique.
Désir et plaisir vont souvent de pair. Ainsi, quand nous mangeons par exemple, nous désirons consommer des aliments qui nous apportent du plaisir. Pourtant, le désir (« wanting ») et le plaisir (« liking ») sont deux notions distinctes, qui impliquent des régions différentes du cerveau. En conséquence, il est possible de désirer ce qui n’apporte plus de plaisir. Cette distinction entre désir et plaisir sera présentée et illustrée par des exemples ayant trait à la consommation alimentaire
Humeurs troubles
VENDREDI 17 MARS, 19h00

  

La dépression et le trouble bipolaire sont des pathologies fréquentes, qui ont des conséquences très lourdes pour le patient et sa famille. Le trouble bipolaire en particulier intervient souvent tôt dans la vie d’une personne, et hypothèque son avenir. Il est encore sous-diagnostiqué, car il n’est pas toujours facile de faire la différence entre les variations normales de l’humeur en fonction de notre personnalité et une pathologie handicapante. Une fois le diagnostic posé, de nombreuses thérapies peuvent être proposées selon le contexte clinique. L’origine du trouble, à la fois génétique et environnemental, reste à déterminer
Quelle est la différence entre une émotion et une humeur ? Comment les émotions sont-elles régulées dans le cerveau ? Dans cette conférence, je rappellerai comment nous séparons encore actuellement les troubles de l’humeur et ceux impliquant une dysrégulation émotionnelle, même si les bases cérébrales de ces troubles semblent en partie se recouper. Nous aborderons aussi les différentes stratégies, automatiques ou non, utilisées par l’humain pour réguler ses émotions, avec des exemples d’études récentes en neuroimagerie. Finalement, je citerai quelques exemples d’applications possibles en clinique de ces stratégies de régulation émotionnelle.